La mise en oeuvre des façades du Musée Kirchner ne correspond pas au procède conventionnel de l'architecture de verre.
Dérivée de la construction métallique, elle cherchait avant tout à exprimer et à mettre en valeur la structure.
L'exemple le plus représentatif de ce type d'architecture est le Crystal Palace de Londres de 1851.
De l'extérieur, les quatre volumes des salles apparaissent comme des cubes fermés qui protègent leur contenu précieux et sont à leur tour protégés par une enveloppe vitrée.
Les architectes ont privilégié l'expression d'une texture plutôt que la mise en valeur de la trame porteuse du vitrage.
La surface extérieure, composée de plaque de verre dépoli, laisse apparaître l'isolation thermique dont la couleur a été choisie avec le plus grand soin.
Les architectes ont ainsi réussit à créer un effet de profondeur très intéressant.
Le verre semble perdre sa matérialité et sa fragilité donnant une sensation de massivité, d'épaisseur, de flou, de brouillard condensé.
La continuité du socle sur tout le pourtour de bâtiment réunit le volume de circulation et les salles d'expositions.
Il est composé d'un placage de béton dont la trame reprend celle du vitrage.
Le socle semble massif depuis la rue principale et l'on est surpris, lorsque l'on contourne le bâtiment, d'y voir apparaître des ouvertures indiquant que le sous-sol contient une partie du programme.
Le reste du bâtiment met en oeuvre différents traitements du verre.
Le verre transparent utilisé pour les espaces de circulation permet des vue traversantes dans le bâtiment laissant deviner depuis l'extérieur, le hall et l'entrée faisant appel à des matériaux bruts contrastant fortement avec le raffinement du verre extérieur.
Les façades des quatre volumes d'exposition sont composés au niveau du corps par du verre dépoli mat. le couronnement étant affirmé par une trame différente et l'utilisation de verre dépoli monté à l'envers pour des raisons techniques, meilleure diffusion de la lumière, et esthétique.
Les plaques de verre sont maintenues par des cadres en acier chromé dont ta trame est régulière, excepté dans les angles.
En effet, cette trame correspond à celle du plafond lumineux intérieur et donc également à la trame de la structure porteuse du vide supérieur réservé à l'éclairage.
L'épaisseur des couches successives composant la façade donne lieu à un conflit d'angle qui est accepté sans la moindre hésitation.
Nous pourrions qualifier l'enveloppe vitrée de façade-rideau, cependant son statut est ambigu par les rapports de proximité qu'elle entretient avec les murs porteurs.
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