L'architecture
Technique de l'architecture
Il faut considérer la nature des matériaux et leur emploi, c'est-à-dire la construction.
Les principaux matériaux traditionnels sont la pierre, le bois, la brique, auxquels se sont ajoutés le métal et le béton.
Les espèces de pierres utilisées en architecture sont très nombreuses et variées.
On les nomme pierres de taille quand elles sont taillées à arêtes vives, et moellons quand elles ne sont pas exactement dressées ou taillées sur leurs quatre faces.
La pierre de taille par excellence est le calcaire, dont la France possède de nombreuses carrières (Ile-de-France, Bourgogne) ; le marbre est une variété de calcaire d'un très beau poli et de couleurs différentes.
A défaut de pierres calcaires, on utilise le grès, le granité ou les roches volcaniques.
La région parisienne fournit la meulière, pierre jaunâtre, très dure.
Le bois fut jadis, dans les pays qui ne disposaient pas de pierre, le principal matériau de construction.
En Europe occidentale, son emploi est aujourd'hui limité à ta charpente et à la menuiserie.
Mais, aux Etats-Unis et dans l'Europe du nord, beaucoup de maisons sont encore construites en bois.
Son principal inconvénient vient du danger d'incendie ; mais ce danger a été beaucoup diminué par l'ignifugation.
Le métal, employé déjà par les Grecs comme élément de liaison dans la maçonnerie scellements au plomb, ne joue un grand rôle dans l'architecture que depuis le XIXème siècle.
Il peut fournir l'armature de la maison, poutres et poteaux, la clôture étant faite par de la pierre, de la brique, du verre ou d'autres matériaux artificiels.
Le béton armé, inventé en 1849 par un jardinier français de Boulogne-sur-Mer, Joseph Monnier, est un assemblage de béton et de fer, préparé dans un moule en bois, coffrage, qu'on enlève une fois que le béton est sec et dur.
En Europe, l'armature des maisons est plus souvent en béton armé ; aux Etats-Unis, plus souvent en acier.
Dans un mur de pierre, on nomme appareil la manière dont sont taillées et disposées les pierres.
Dans les grands monuments anciens, souvent le mur est fait de matériaux différents :
du mortier et des cailloux, blocage, sont tassés entre deux parois de pierre bien taillées, qu'un appelle parements.
La couverture peut être assurée soit par un plafond, soit par une voûte.
Le plafond est une armature de matériaux de taille diverse, disposés horizontalement et prenant appui sur de grandes pièces de pierre, de bois, de fer, de béton, architrave, poutre.
L'action de la pesanteur s'exerce ici horizontalement : le plafond et ses supports risquent d'être écrasés.
La voûte est un assemblage de petits matériaux, pierre ou brique, disposés de façon à transformer l'action verticale de la pesanteur en poussées latérales ou obliques.
La coupole est un type particulier de voûte sur plan circulaire et en forme de calotte hémisphérique.
Dans tous les cas, il existe, au-dessus du plafond ou de la voûte, un couronnement destiné à mettre l'édifice à l'abri des intempéries.
En Europe occidentale, jadis, ce couronnement était presque toujours un toit, charpente inclinée, en bois ou en fer, recouverte de tuiles ou d'ardoises.
Mais, de plus en plus, aujourd'hui, on emploie les terrasses horizontales en maçonnerie, depuis longtemps fréquentes dans les pays méditerranéens.
Est-il indispensable à une architecture de posséder d'autres qualités que sa solidité ou sa commodité ?
Lui suffit-il d'être bien adaptée à sa fonction, qui est d'abriter une des activités humaines ?
Un certain nombre de théoriciens pensent qu'une fonction bien remplie se suffit à elle-même et dispense du reste (architecture fonctionnaliste).
Mais d'autres reprennent et développent l'exigence d'Alberti, et veulent qu'à la commodité s'ajoutent des satisfactions pour l'oeil et l'esprit.
De quoi cette beauté architecturale peut-elle être faite ? Là encore, pas d'unanimité.
Pour les uns, une belle construction est celle qui s'accompagne d'une décoration.
Celle-ci peut être sculptée ou peinte, ou simplement réduite à quelques motifs architecturaux, colonnes, pilastres, qu'on nomme décoration architectonique.
Pour d'autres, le décor même est inutile, sinon nuisible.
La vraie beauté naît de l'observation de certaines proportions, rapport de la hauteur à la largeur, répartition des ouvertures, etc., lesquelles peuvent être elles-mêmes fort variées, et aussi de l'emploi d'un module, nombre clef dont tous les éléments de l'édifice sont un multiple.
Il peut exister ainsi, à une même époque, selon leur conception de la beauté, des écoles d'architecture ou des personnalités fort différentes.
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