Revendication à Saint Pancrace

Antonio Bustamante

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Larmes
Enfer et paradis
Ecce Homo
Crucifier
Mettre en croix
Péché originel
Sacrifice d'Abraham
Apologie de la douleur
Saint Antoine (tentation)
Marie portée par les anges
Dévotion dangereuse vers des images saignantes des saints, martyr de Saint André, martyre de Saint Lambert
Virilité

Prévention dans la vallée des larmes

La mission du préventionniste est de prévenir les accidents. Nous comprenons par accidents ; les événements non désirés qui causent des dommages à celui qui les subit. Je crois que le travail du préventionniste doit consister à collaborer à éviter le dommage non désiré. Le sujet de réflexion proposée ici est celui de la limite entre le dommage désiré et non désiré, et qu’essayer d'aider à éviter le dommage désiré est une activité paradoxale.

Désirs surprenants

Le masochiste demande au sadique : frappe-moi.
Le sadique répond : non.


Bel illustration de ce que quelques désirs ont de surprenant. Tout le monde ne désire pas toujours ce qui peut sembler bon ou convenable. Quand quelqu'un s'installe dans la tristesse il peut lui arriver que, à cause de ne pas avoir eu une expérience suffisante de la joie, il ne sache comment on se réjoui et qu’il s’écarte de toute occasion d'être heureux. Il n’est pas bête, mais il ne sait pas faire autrement, il sait seulement vivre le malheur. Le malheur, la douleur, la peine, tout ce qui est officiellement négatif, ne mérite pas toujours le rejet unanime de toutes les personnes qui habitent dans le monde. Il ne faut pas aller très loin pour voir, dans des célébrations de la Semaine Sainte, des quantités importantes d'hommes et de femmes, apparemment normaux, qui s’auto-punissent pour suivre une tradition dont nous n'allons pas entrer dans la recherche des origines. Restons dans les apparences ; il y en a qui se font flageller, d'autres marchent déchaussés, ligotés à une énorme croix en bois, certains jeûnent dans le seul but de souffrir, sans évoquer ceux qui progressent, à genoux, sur des sols hostiles. Tous ces actes d'auto agression se justifient par des raisons religieuses et celui que se fait mal à lui-même n'a jamais conscience d'être un masochiste, un sot, ni toute personne à penchant négatif. Ce que je veux souligner ici est la normalité surprenante avec laquelle, celui qui s’agresse lui-même, cherche à faire ce qu'il pense doit être fait et est donc persuadé d’agir d'une manière convenable.

L'auto agression dans la religion catholique

Bien que j'ai vu les images de fidèles d'autres religions qui se sont beaucoup auto-agressés, mon ignorance des doctrines respectives m'oblige à me concentrer sur les auto-agressions des fidèles catholiques puisque, sans ne l'avoir jamais demandé, j'ai reçu des leçons interminables, des exemples et des apologies de cette religion qui, dans mon enfance et jeunesse, était officielle en Espagne. L'apologie du martyr nous a été inculquée bien avant d’être en âge de raison : dès les cinq ans nous connaissions beaucoup d'histoires d'enfants torturés, brûlés, surgelés... Cela peut sembler banal mais ne l’est pas car les humains, pendant leur enfance, ont beaucoup de mémoire bien avant d’atteindre un niveau acceptable de raisonnement. Parvenu à l'âge de raisonner, nous avons seulement dans la mémoire les vies exemplaires de saints sadiquement martyrisés, nous ne pouvons pas imaginer une autre voie vers la sainteté que celle qui mène à finir comme un Ecce Homo. Pour que le fidèle se passionne pour l'auto-sacrifice, le concept de faute tombe bien et, en prévoyant que l'adepte puisse ne pas se sentir coupable de rien, on lui annonce une faute inévitable : le péché original ; le sujet est coupable par le seul fait d'exister et cette circonstance constitue à elle seule une bonne raison pour faire partir la flagellation.
Le concept de faute originale, lié à l'idée que toute faute doit être punie, donne comme résultat que le coupable originel mérite le châtiment, qui est une forme d'apaiser la colère divine et, par conséquent, d'éviter de plus grands malheurs. Pour que le concept de dommage soit encore plus mis en valeur, depuis le concile de Trente, l'Eglise catholique a parié par la propagande de la foi ; une publicité sur l’excellence de la souffrance pour atteindre le ciel. Pour propager cette idée, elle a utilisé la parole et l'image. Pour sa publicité écrite, l'Eglise romaine a disposé des poètes et des écrivains dont la qualité artistique mérite la reconnaissance des croyants et des non croyants. Dans le domaine des images, les meilleurs peintres et sculpteurs ont mis leur art au service de la papauté, afin d’exprimer la douleur dans ses facettes physiques et morales. La certitude sur l’idée que la pénitence, voir l’auto agression, est bonne parce qu’elle efface nos fautes, originales ou contractées, est donc une idée présente dans notre culture, dont l'enracinement vient de très loin et qui n'est pas uniquement patrimoine des fidèles catholiques romains. Des athées les plus convaincus restent émus devant l'art des grands maîtres de la peinture qui pendant des siècles, en plusieurs occasions, ont gagné la vie en faisant la publicité de la douleur dans leurs tableaux. Le fait est que la divinité des catholiques envoie au supplice son propre fils pour rédimer l’humanité et que, malgré le sacrifice divin, les humains sont contraints de rajouter des pénitences et des martyres pour éviter de tomber dans les flammes éternelles. Cela met en relief l'intérêt que la doctrine catholique accorde au dommage en général, en le présentant comme une voie de salut. Avec ce paysage de fond comme base de départ culturel dans beaucoup de pays, il ne faut pas s'étonner si, pour beaucoup de gens il est difficile d'associer une valeur négative au dommage en général, ou s’ils n’octroient pas d’importance à la prévention.

Une religion préventive

L'attitude religieuse est une option personnelle qui doit être respectée : celui qui décide de croire à ce qu'il ne voit pas et ne connaît pas est libre de le faire. Pourquoi ne pas croire à quelque chose de convenable ? Ce ne serait pas une mauvaise idée de croire qu'il est bienséant d'éviter le dommage et qu'une divinité amie se doit de voir de bons yeux que ses créatures cherchent le bien et évitent le malheur. Le catholique qui ne désire pas renoncer à sa foi peut avoir recours au polythéisme enfoui de cette religion monothéiste en faisant appel à ses divinités les plus bénéfiques. En effet, il existe une pluralité de petites divinités qui jouent des rôles très spécifiques et les fidèles auront plus de confiance en Saint Antoine de Padoue qu’en Dieu le Père lui-même quand il s'agira de trouver un fiancé, et dans des questions de travail et de santé. L'avocat indiscutable, dans la culture catholique, est Saint Pancrace : les croyants auraient intérêt à mettre sous sa protection la sécurité au travail. Dans Evangelización Católica : Dos Corazones, on peut lire que le saint, en plus de préventionniste, a d’autres domaines d’autorité : défenseur contre le faux témoignage et le parjure, patron des serments et traités, guérisseur des maux de tête et des crampes. Dans Devocionario Católico, on nous propose la prière suivante Oh ! Saint Pancrace glorieux, je vous demande de m'accorder les grâces dont j'ai besoin et spécialement UNE SANTÉ ET UN TRAVAIL, afin que je puisse me présenter devant votre image pour vous remercier des faveurs reçues. Ainsi soit-il. Je supprimerais afin que je puisse me présenter devant votre image pour vous rendre merci des faveurs reçues, puisqu'avec ces mots nous voulons pousser le saint à nous aider seulement pour se régaler de notre reconnaissance. Non, demandons-lui une santé et un travail et ne promettons pas de reconnaissance ridicule à celui qu’on nous dit qu'il vit dans la gloire. L'élection de Saint Pancrace peut nous sauver de la dévotion dangereuse vers des images saignantes des saints, ecce homos et Sainte Marie avec le coeur réitérativement poignardé. Les croyants feraient bien de donner la priorité aux choses correctes et de rejeter le dommage.

Pour une prévention sans influences culturelles négatives

L'exemple de l’attirance du dommage dans la religion catholique ne doit nous pas nous mener à penser que le seul tort dans le domaine de la prévention provient de cette religion. D'autres facteurs qui ne sont pas le désir inconscient de martyre, peuvent jouer au manque de respect pour le risque ; entre ceux-ci le machisme grossier qui exalte la virilité comme incarnation de valeurs d'homme, spécialement l’endurance ou le courage. Selon cette idéologie il est mal vu d’adopter des mesures de sûreté, car les attitudes de crainte devant le danger sont considérés comme peu viriles. Il n'est pas non plus bien vu, entre autres, de ne pas ingérer abondance de boissons alcooliques. Ces attitudes machistes exercent sur l'individu une mauvaise influence pour sa santé, en plus d'inhiber les attitudes raisonnables de prévention de risques. Donc, je propose que l’on oblige les diplômés en Prévention des Risques au Travail à dépasser avec succès une matière qui s'appellerait oublie l'influences culturelles anti-préventionnistes.

Ergonomie :   Origines de la posture assise





Antonio Bustamante
Ergonomiste catalan, originaire de Barcelone, installé en Suisse.
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Architecture
L'architecture se propose de satisfaire des besoins matériels de l'homme.
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Ergonomie
Historiquement, l'ergonomie a pris de l'ampleur, s'est développée, aux USA.
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Muscles vertèbraux
Muscles intervenant dans la cohésion des vertèbres répartis sur 4 couches.
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Beauté du corps
Longtemps Apollon, David et les autres ont imposé LE modèle masculin.
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Les vertus de la société sont des vices pour le saint.                                      Robert von Musil