La peinture
Toute peinture se compose de constituants solides, pigments, matières de charge éventuelles, et d'un milieu de suspension, lui-même résultant de l'addition, à un lien, huile, résine naturelle ou artificielle, de solvants, diluants, plastifiants et siccatifs.
On peut classer les peintures d'après la formule globale de constitution, et, plus particulièrement, d'après la nature du liant et de ses constituants filmogènes (AFNOR), ou en fonction des subjectiles sur lesquels les peintures sont appliquées, en distinguant les produits pour travaux d'intérieur des produits pour travaux d'extérieur.
L'apparition de la peinture, aux premiers âges de l'histoire de l'humanité, doit être considérée comme une manifestation de l'instinct de conservation.
Nos ancêtres avaient remarqué que la pérennité de leurs productions, abri, outils, embarcations, dépendait d'un revêtement d'apport, susceptible de les garantir des effets destructeurs de l'eau, de la chaleur et des agents atmosphériques.
En même temps, le sens artistique des utilisateurs avait provoqué l'emploi de divers pigments, destinés à rehausser la qualité de la protection en lui adjoignant une valeur formelle, sociale ou symbolique.
La peinture à l'huile était déjà usitée au XIVème siècle, comme le prouve un devis de l'année 1355 pour la réfection du château de Vaudreuil.
On se servait alors d'huile de lin siccativée par des résines dissoutes.
Plus tard, alors que la fabrication des peintures devient industrielle, la peinture à l'huile n'emploie que trois éléments : le pigment, l'huile de lin, l'essence de térébenthine.
Pour le bâtiment, on utilise la peinture à quatre constituants, dite peinture au vernis : le pigment, l'huile, souvent épaissie par cuisson ou soufflage, la gomme et l'essence de térébenthine.
Les artistes emploient, par ailleurs, des peintures souvent chargées de cire et les détrempent au vernis ; ils constituent ainsi des peintures à cinq éléments : le pigment, l'huile, la cire, la gomme et l'essence.
Jusqu'à Chevreul, le seul siccatif de base était le plomb.
Vers 1848, on mit en oeuvre les propriétés siccatives du manganèse.
Plus récente, la découverte du cobalt fit connaître un agent siccatif extrêmement énergique à petites doses, stimulant à la fois l'oxydation et la polymérisation de l'huile sans colorer celle-ci.
Alors qu'autrefois l'huile de lin était la principale huile utilisée dans les peintures grasses, on fait appel aujourd'hui à des types d'huiles présentant une structure semblable, comme l'huile de ricin déshydratée.
Parmi les solvants et les diluants, le plus indiscuté jusqu'aux Temps modernes était l'essence de térébenthine.
De nos jours, on emploie aussi le white spirit, ainsi que de nombreux dérivés de la houille et du pétrole.
L'industrie des pigments, de son côté, n'a cessé d'évoluer et de s'enrichir, et les produits de synthèse offrent aujourd'hui une gamme particulièrement étendue au fabricant de peinture.
Les progrès les plus spectaculaires concernent les résines, gommes d'autrefois, avec l'apparition des résines artificielles, ou synthétiques.
Les résines formo-phénoliques, surtout celles qui étaient modifiées par combinaison avec les acides résiniques, remplacèrent, en partie, les résine» naturelles, surtout quand on mit au point l'emploi de l'huile de bois pour la préparation de vernis à séchage rapide.
On s'aperçut alors que chaque type de résine artificielle présentait des caractères technologiques spéciaux, rendant telle résine plus apte que telle autre à satisfaire à certaines conditions exigées par une peinture déterminée.
Les qualités que l'on peut attendre d'une peinture sont, en effet, très variées, selon l'usage que l'on veut en faire :
séchage rapide, dureté, flexibilité, résistance à divers agents chimiques, stabilité de couleur, brillant, etc.
Parmi les résines artificielles, les résines alkydes ont conquis techniquement, depuis plus de vingt ans, une place de premier ordre.
Les peintures cellulosiques, lancées aussitôt après la Première Guerre mondiale, et surtout les peintures nitrocellulosiques ont connu un très grand succès.
Aujourd'hui, on leur préfère le plus souvent les peintures dites nitrosynthétiques, dans lesquelles on incorpore d'autres types de résines artificielles.
On emploie aussi des résines urée-formol, les résines de mélamine, le caoutchouc chloré, le caoutchouc isomérisé, divers caoutchoucs artificiels.
Plus récemment, l'essor des résines vinyliques, styréniques, acryliques et méthacryliques, styréniques, acryliques et méthacryliques, des silicones, la création des résines époxydes, des isocyanates et des polyesters ont encore développé considérablement le champ d'action des chimistes, en leur permettant de concevoir des peintures toujours mieux adaptées aux problèmes de protection à résoudre.
La fabrication industrielle des peintures s'effectue en chaîne, soit horizontale, soit verticale.
Cette dernière conception est particulièrement rationnelle, car elle facilite le déchargement des constituants solides, pigments et matières de charge, et l'écoulement des constituants liquides : liants, solvants et diluants, siccatifs.
Les constituants solides, préparés dans un bâtiment spécial ou approvisionnés de l'extérieur, sont mis en présence des liants dans des malaxeurs, jusqu'à l'obtention d'une pâte homogène, stable et régulière, conformément à la formule établie.
La pâte est ensuite laminée dans un broyeur à cylindres, afin de réduire en poudre les agglomérats de pigments et matières de charge qui ont pu subsister après le malaxage, et d'assurer la bonne dispersion des corpuscules solides ainsi obtenus dans le liant.
Un tamis retient ensuite les impuretés et, après un nouveau brassage, le mélange est additionné de diluant jusqu'à la consistance voulue.
La peinture est alors mise en fûts ou en bidons, lesquels sont pesés et hermétiquement fermés.
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